Samedi dernier, subventionné par l'université, je suis allé visiter un musée fort sympathique, nihon minka shuraku hakubutsukan日本民家集落博物館, soit le Musée "Village des anciennes maison japonaises". Il s'agit d'un parc avec des reconstitutions d'anciennes maisons de l'époques Edo, appelées Minka (littéralement, maison du peuple). Enfin reconstitution n'est point, ce sont de vraies maisons qui ont tout simplement été déménagées!

Pour l'instant, que des photos, je mets des commentaires un peu plus poussés lorsque je serai avec mon livre demain (origine de la maison, technique de construction, ...).

 

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Sous l'époque Edo, les tuiles, c'est un truc de riches. Du coup, le kidam moyen faisait son toit avec de la paille de riz, tout simplement.

 

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Un égoutoir ancestral.

 

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Voici le Suihanki (cuiseur de riz) façon Edo. Tout en bas, au niveau des trappes, on glisse du charbon ardent qui chauffe le baquet supérieur rempli d'eau. Enfin dans le chapeau on met le riz qui sera cuit vapeur (ou tout aliment que l'on souhaiterait cuire comme cela).

 

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Les places à feu. Pour des raisons pratiques (comprenez tremblement de terre), les maisons japonaises sont toutes de bois (également du fait de la grande qualité des essences que l'on trouve au Japon, avec des bois résistant très bien à la putréfaction et aux insectes, façon peuplier). En effet le bois est plus souple et encaisse mieux les secousses. Ce pourquoi aussi tout est fixé non pas avec des clous mais avec des chevilles de bois, ce qui apporte une flexibilité suplémentaire.

De ce fait, le contrôle du feu était d'une importance primordiale.

 

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La charpente est composée de grosses poutres sur lesquelles s'appuient des bambous qui feront la véritable structure. Vous remarquerez que tout est lié par de la corde, tout simplement.

 

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Petit baquet que l'on peut remplir d'eau par un habile système qui nous vient du petit bambou que vous pouvez voir dans le coin en haut à droite.

 

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Ici c'est une cuisinière.

 

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Cette maison vient de la région montagneuse de Nagano où la quantité très importante de neige a favorisé l'usage de traineaux.

 

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Voici le système pour l'eau. Fini le portage de seaux, ici c'est directement du puits à la maison.

 

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Cette maison ci a la particularité d'être toujours plus ou moins encaissée dans une pente qui aura été nivelée au préalable.

 

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Issue d'une région où le cryptomère est en abondance, le toit est fait non pas de paille mais de l'écorce de ce bois très particulier (imputrescible notamment). C'est la technique du bardeau.

 

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La présence de tuiles vous indiquent la richesse du propriétaire. Ceci d'autant plus qu'il ne s'agit là que d'une maison pour prendre le thé. Seigneuriale donc.

 

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Un scène de théâtre Kabuki.

 

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Les musiciens étaient placés sur cette petite estrade. L'instrument principal est bien sûr le shamisen, petite guitare au son très particulier, présente dans la majeure partie du folklore (Nô, Kabuki, Bunraku, ...).

 

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En Europe sur la scène nous avons Cour et Jardin. Au Japon ce sont Kamite (haute main) et Shimote (basse main).

En regardant la scène depuis le public, Kamite est à droite, c'est donc si je me souvient bien la Cour.

 

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Shimote serait alors Jardin.

 

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Petit autel Shinto.

 

 

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Un grenier! Sous cette forme étrange se glisse un subtile subterfuge... En effet, le bois qui compose les piliers est si dur que les rongeurs ne peuvent planter leurs griffes dedans et donc y grimper. Tant que l'échelle est rangée, rien à craindre. Le plancher est fait de bambou pour laisser l'air circuler et éviter que les produits entreposés ne moisissent à cause de l'humidité.

 

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Un évier avec évacuation.

 

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La dite évacutation.

 

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Celle-ci était particulièrement imposante et à raison : la seule qui possède un second étage. Cette seconde partie servait aux propriétaire... à s'occuper des oeufs de vers à soie et à gérer l'eclosion.

 

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Les toilettes, un simple trou dans un plancher avec un grand baquet disposé dessous.

 

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L'escalier est tout de même bien raidasse. Il me fait penser aux escaliers des temples bouddhiques de Lhassa.

 

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Un Nabe et son réchaud (appelé shichirin, ce qui signifie exactement 7 roues, mais alors pourquoi...) Les japonisants peuvent lire le panneau et pour les autres il est indiqué que l'on garnit l'intérieur de charbon incandescent ce qui va ensuite chauffer le Nabe. On peut s'adonner ensuite à toutes les folies que ce plat permet, du shafu shafu au Sukiyaki en passant par le Nabe Kimuchi (Ooooooo Naabee Kimmuuuuchiii!).

 

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La même bête mais adaptée à un plus grand nombre de plats.

 

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Les "boites", "tonneaux", "contenants", choisissez votre terme préféré, qui permettaient de transporter le riz. Pour la petite note, Osaka a été pendant très longtemps le noeud du commerce du riz au Japon, chose extrêmement importante car l'impôt étant payé en riz, les seigneurs étaient très dépendants de sa vente pour disposer de numéraires. C'est l'un des points qui a conféré à Osaka un statut si important durant si longtemps.

Egalement, attention à une erreur, le riz ne s'est largement répendu dans la population comme plat quotidien (mangé comme du pain matin, midi et soir) qu'assez récemment, après la seconde guerre mondiale. Auparavant c'était un repas d'exception que celui accompagné de ces petits grains blancs.