La tsuyu (prononcée Tsouyou) est tout simplement la saison des pluies qui se déroule au Japon durant le mois de juin. Elle est la petite fin de la mousson asiatique qui vient toucher l'archipel. En gros, pendant un mois, le temps sera à la pluie et ce tous les jours.

Tsuyu s'écrit 梅雨, assemblage du kanji pour prune, ume, qu'on lit ici tsu, et celui pour la pluie , ame, ici lu yu. Au début je pensais que c'était ainsi car il pleut tellement que c'est comme si les prunes tombaient du ciel... C'est en fait beaucoup plus subtil que ça.

Voyez vous, les prunes ont été ramassées il y a quelques semaines à peine sur l'archipel. La tsuyu est ainsi une saison très particulière puisqu'elle est celle où la ménagère japonaise s'affairera à la préparation des petits fruits, les divisant ainsi entre deux spécialités nippones majeures : le umeshu梅酒 et les umeboshi梅干し.

 

Umeshu signifie littéralement alcool de prune, traduit vin de prune en anglais, qui consiste tout simple en la macération de prunes dans un alcool plutôt doux avec ajout de sucre. Personnellement, goût très sucré oblige, je ne suis pas archi-fan. M'enfin il y a des amoureux.

 

La seconde, les umeboshi, sont également assez fatales. Ici on parle de prunes séchées qui ainsi conservées se mangeront tout au long de l'année. On les met un peu partout et ya du fun (ou pas...).

Ce second exercice est particulièrement périlleux car il oblige à saisir les quelques heures de soleil de la journée pour sortir les prunes avant de les rentrer aux premières gouttes, puis de les ressortir dès que le père Taiyo (soleil en japonais) remontre le bout de son nez. Un exercice de va et vient quotidien qui fait qu'aujourd'hui, les umeboshi elles se font surtout au supermarché ^^

 

M'enfin, cœur de l'affaire, la tsuyu me permet de venir sur un point clef des japonais : leur relation à la pluie et la préparation de l'évènement.

En effet, au Japon il pleut comme partout ailleurs, mais il peut y avoir des trucs assez chelous aussi. Ainsi, en plus de la tsuyu en juin, il faut tout de même se rappeler qu'à l'occasion on se prend un ou deux typhons sur la mouille.

Du coup les japonais sont toujours armés et toujours fin prêts, c'est hallucinant. Je ne compte plus le nombre de jours où je pars en plein soleil, tout content, remarque que tout le monde a un parapluie à la fac, rigole sous cape et rentre trempé avec l'air d'un con. Dans l'autre sens, combien de matins couverts de nuages menaçants j'ai ricané de ces nippons qui rentreraient mouillés et où j'ai fini sous un cuisant soleil de plomb ? La vérité est ainsi : ils ont ça dans le sang, comme si leur patrimoine génétique faisait de chacun d'eux une station météo sur pattes.

 

Mais ce n'est pas tout, parce que leur météo interne, parfois, elle se goure. Du coup, par ici, vous pouvez raisonnablement compter sur le fait que dans les 200-300 mètres autour de vous vous pourrez trouver un parapluie. En effet, dès qu'il y a la moindre petite supérette, des parapluies sont forcément disponibles. Vous en trouverez dans beaucoup de magasins de vêtement aussi. Plus surprenant encore, mon loueur de DVD en propose aussi...

 

Bien sûr, chaque restaurant est doté de sa cohorte de parapluies oubliés que vous pourrez emprunter ou vous approprier quand nécessaire.

 

Et surtout, ça m'a vraiment vendu du rêve, existe à la fac un service de parapluies libre-service : des bacs sont à disposition où l'on peut se servir. Le principe est normalement de les utiliser pour se déplacer avec entre deux points de l'université si l'on n'a pas prévu le coup, puis de déposer le parapluie dans un autre bac ou revenir avec. C'est fantastique.

 

Allez, en bonus je vous lâche le kanji pour parapluie, qui se lit Kasa (lire kassa), et fait partie de la famille des évocateurs : (petit plus pour le comprendre, en japonais, personne -hito- s'écrit )

 

Edit : Une amie Japonaise m'a révélé leur secret, ils regardent la météo !