Aujourd'hui je décide de ne m'autoriser aucun repos avant d'avoir trouvé un téléphone. Ce n'est pas important en soi, mais c'est la clef pour avoir mon compte en banque qui lui est important (pour pouvoir de nouveau retirer des sous d'une part, mais également pour payer mon loyer).

              Malgré mon échec retentissant auprès des principaux opérateurs hier, je repars à fond. Je commence par préparer le terrain avec une connexion internet. Je consulte deux trois forums et autres blogs. Je constate que seul l'opérateur Soft Bank fait encore du prépayé (les autres n'en font plus ou n'en n'ont jamais fait). J'y étais bien allé hier, mais ils ne vendaient pas de prépayé dans la boutique en question (bien que ce soit l'une des plus grosses de la ville). En effet, le prépayé ne plait pas du tout aux japonais et n'est du coup pas très rentable. Ce qui est surtout important est de trouver le téléphone. Les recharges, elles, se trouvent dans la plupart des boutiques.

 

              Du coup, je regarde les boutiques du centre ville et je me fait un plan rapido sur une feuille (enfin il n'a de plan que le nom puisqu'il s'agit de quadriller une zone a peu près grande comme la presqu'île de Lyon, c'est donc plutôt un ensemble de repères).

 

              Je vais à Umeda, trouve une première boutique, mais elle est toute petite et il y a un peu d'attente.

 

              Je pars donc en quête d'une seconde. Et là, c'est mode japonais time. Je trouve l'endroit où doit se trouver le magasin, mais il n'y a rien. Je lis un peu les panneaux qui m'entourent et me rend compte qu'il y a un centre commercial souterrain sous mes pieds (à Umeda, quasiment tous les centres commerciaux sont souterrains ou en partie souterrains). Je descends et là, honnêtement, je tombe dans un endroit un peu zarb sur les bords... Il est blindé de salles de jeux d'arcades assourdissantes, de restaurants minuscules où les gens dorment (!!!) et autres magasins qui font parfois un peu crapi crapo. Oui, ils dorment, assis là sur leurs chaises. Par contre les mets ont l'air bien cool, mais j'ai déjà mangé ce matin. Je cherche, je cherche, dans une ambiance assez difficile à décrire mais vraiment pas top.

              Finalement je tombe sur un plan. Comme on n'est plus dans une zone touristique, il est entièrement en japonais. Bon, c'est pas non plus hyper compliqué, Soft Bank n'est écrit qu’en katakana (alphabet pour les mots étrangers, seulement 46 signes assez simples). Je trouve l'emplacement sur la carte et finis par arriver à m'y rendre. Bon, là, vu le bazar, je dois honnêtement me flatter et remercier mon sens de l'orientation que je n’aimerai jamais assez et qui m'a déjà bien aidé quand je me suis perdu dans le centre commercial principal sous Umeda.

 

              La boutique est minuscule et tenue par deux personnes. Il est 14h. Je ne ressortirai pas avant 16h50. En effet, on commence déjà par ne parler que japonais, m'enfin ça va, ce n'est pas encore trop compliqué.

              Nan, ce qui est très long c'est qu'ils doivent appeler des services pour activer la ligne et ça prend 4 plombes, puis ils n'arrivent pas à lire mon passeport car il est tout en alphabet romain. Du coup je dois tout réécrire en katakana (en effet, même ma carte de résident, ma carte d'identité locale en somme, est écrite en romaji). En plus, pas de chance, mon adresse écrite sur ma carte de résident a été abimée dans mon portefeuille. Ayant anticipé ce genre de truc, j'avais heureusement mon contrat de bail sur moi. Je n'arrive pas encore à écrire mon adresse qui est en Kanji (et plutôt compliqués ceux là), ça fait rire les vendeurs. M'enfin, ils sont plutôt patients, moi aussi.

 

              En fait au début je commençais un peu à trépigner, je comprenais pas bien pourquoi j'attendais. Du coup je leur ai demandé, ils m'ont un peu expliqué et là je l'ai joué détente, j'ai sorti un livre (ptit Steinbeck pas mal du tout), puis c'est passé assez vite finalement.

 

              Bon au final je n'aurai pas le temps de passer à la banque juste après, m'enfin, le pire est passé, cette mission qui semblait si difficile encore ce matin est accomplie : j'ai un téléphone.

 

              C'est du prépayé mais j'ai les mails et sms illimités pendant 2 mois (d'ici là je prendrai un vrai abonnement je pense). C'est un portable à clapet, ce qui est encore très à la mode au Japon. Par contre, après avoir expérimenté le tactile, ça fait un peu bizarre de retourner au clavier à touches, j'écris les mails comme un teubé, d'autant plus qu'il n'est pas très bien foutu, lorsque l'on tape, il sort d'abord les lettres majuscules. Du coup A MOINS D'ECRIRE UN MESSAGE ENTIEREMENT COMME CA, il faut taper deux fois plus, on sent que ça pas été fait pour ce type d'usage. Les seules langues européennes sont l'anglais et le portugais (le portugais est très souvent disponible, notamment aux distributeurs automatiques, … Je vous expliquerai pourquoi lorsque je ferai un ou deux petits articles sur l'histoire du Japon). Anglais oblige, je n'ai pas d'accents (je préviens si jamais je vous envoie un mail par Soft Bank).

 

              Le chargeur n'est pas inclus avec le téléphone, il faut aller à un supermarché de l'électronique pour en trouver un et là on a un choix démesuré. Il faut absolument que je prenne en photo ces magasins là parce que c'est assez hallucinant. Le rayon mobile surtout... Impossible de s'y retrouver à moins d'être un grand habitué. Le passage par un vendeur est obligatoire, ils conseillent bien et arrivent à faire la difference entre les innombrables rayons de gadgets.

Le tout en Japonais. Bref, cette journée à parler Nihongo m'a bien tué, j'ai un bon mal de crâne ce soir, mais c'est presque dans la poche. Si demain j'ai réussi à ouvrir mon compte en banque, j'essaierai d'aller à Kyoto vendredi. A partir de là je vais vraiment commencer à visiter Osaka en mode touriste avant le début des cours et je pourrai déclarer mon installation officiellement terminée.

 

              A bientôt!